Dans Business Week, un bon bilan du travail effectué à Bogra

5 mai 2008

Posté par : emmanuelmarchant
Catégorie :Débats / Discussions

Merci à Carol Matlack, chef du bureau Business Week à Paris, pour son article à propos de ce que nous essayons de réaliser à Bogra, mais aussi ailleurs dans le Bangladesh, et bientôt dans d’autres pays.

Tout y est (ou presque !) ; Carol Matlack rappelle ainsi l’investissement en temps, en personnel et en argent consacré par la R&D Danone pour la conception du yaourt ShoktiDoi. Les équipes ont appréhendé les enjeux de notre social business – la lutte contre la malnutrition - avec une réelle passion et je dirais aussi avec une certaine gravité quand on connaît les drames auxquels elle est attachée. Aussi, croyez-moi, certains ont sacrifié quelques week-end et de longues soirées en plus de leur programmes de recherche habituels, pour réussir à trouver la bonne formule du ShoktiDoi ; un subtil équilibre entre l’impératif nutrionnel et un goût sachant plaire aux enfants bangladeshis. Nous espérons vous proposer bientôt les témoignages de ces scientifiques sur le blog.

L’article rappelle en outre l’un des principes fondateurs de ce social business tel qu’imaginé par Muhammad Yunus et Franck Riboud au côté d’Emmanuel Faber à l’automne 2005 : il s’agit de petites unités performantes, peu automatisées, où le coûts de production du yaourt est réduit d’un tiers par rapport à de grandes unités du groupe Danone présentes par exemple en Indonésie, un pays où le revenu moyen de la population est plus de deux fois supérieur à celui des Bangladeshis qui plafonne à moins de 4$ par jour. Pour rendre notre yaourt accessible aux franges pauvres de la population du Bangladesh, notre défi était donc de réduire au maximum les coûts, tout en garantissant la qualité du produit et de bonnes conditions de travail pour le personnel embauché localement.

Comme on le comprend à la lecture de l’article de Carole Matlack, tout cela ne s’est pas non plus fait sans peine ! L’auteur rappelle par exemple nos difficultés pour faire accepter dans les mentalités le principe de la vente au porte à porte par des femmes pauvres ; un moyen permettant à la fois de vendre le produit à des habitants non équipés de réfrigérateur, tout en apportant un complément de revenu à ces femmes qui distribuent le produit.

Vraiment, je vous invite à lire ce papier de Business Week (in english) qui synthétise les enjeux de ces deux années écoulées à Bogra ; entre la naissance de l’idée, la conception du yaourt ShoktiDoi, la construction de l’usine et une production qui aujourd’hui amorce son développement.


Quand un actionnaire Danone investit dans le social business…

28 avril 2008

Posté par : Laurent Javault
Catégorie :Débats / Discussions

Laurent Esposito est un actionnaire heureux. Heureux et inspiré. Dans le prolongement de son engagement actionnarial auprès de Danone, il a choisi d’investir dans des sicav danone.communities ; ce qu’on appelle du « social business ». Pour lui, au-delà du rendement financier, c’est une affaire de valeurs humaines. Il sait que son investissement va aider au financement de projets entrepreneuriaux utiles, créateurs de développement

Pour quelles raisons avez-vous choisi d’investir dans la sicav danone.communities ?
L’interview de Franck Riboud dans Le Monde (à lire ici) m’a convaincu de la sincérité avec laquelle le groupe Danone s’engageait dans ce projet d’économie solidaire. Je pense qu’il est indispensable qu’un groupe alimentaire dégageant des profits se préoccupe tout autant du bien-être des consommateurs des pays riches que de lutter contre la malnutrition dans les pays pauvres. Une entreprise ne peut se développer durablement sans tenir compte de son environnement au sens large. Les verbes d’action (investir, croître, créer, rentabiliser) que l’on associe au monde des affaires doivent en ce 21e siècle se combiner à des valeurs de solidarité et se recentrer sur l’Homme (aide, partage, formation, nutrition, santé, éducation, préservation de l’environnement).

Quel retour attendez-vous de votre investissement ?
Le retour que j’en attends n’est pas prioritairement financier. C’est avant tout la satisfaction personnelle de pouvoir contribuer à la réalisation de projets entrepreneuriaux utiles qui me motive. Je suis assez proche de l’état d’esprit des personnes qui oeuvrent, pour ne pas dire s’investissent, dans des actions caritatives. Ma démarche est aspirationnelle, pas matérielle.

” Je n’exclus pas de me renforcer ultérieurement en fonction des résultats obtenus sur le terrain ”

Qu’est-ce qui différencie, selon vous, la sicav danone.communities de l’ISR “classique” ?
danone.communities est un outil financier directement au service d’actions entrepreneuriales ciblées, avec une véritable utilité sociale et humanitaire, à l’opposé même d’outils purement spéculatifs déconnectés de l’économie réelle. La financiarisation et la virtualisation de l’économie ont conduit à des échecs patents du système ultra-libéral, tels que la crise récente des subprimes ou l’envolée spéculative des cours du pétrole. Il est temps de réinvestir le champ social de l’économie mondialisée en appuyant sur les ONG et les entrepreneurs au contact des réalités humaines.

Seriez-vous prêt à investir davantage ?
Mon premier investissement est déjà conséquent à l’échelle des revenus d’un salarié français. Mais je n’exclus pas de me renforcer ultérieurement en fonction des résultats obtenus sur le terrain. Je serai vigilant quant aux actions financées par danone.communities et leur capacité à produire de l’utilité sociale dans les pays pauvres. Je souhaite qu’un système de gouvernance se mette en place au sein de notre communauté pour assurer une totale transparence aux investisseurs individuels, voire même pour les impliquer comme relais de certaines causes. A l’image du bénévolat dans le monde associatif, on pourrait investir autre chose que de l’argent : de l’expertise, son réseau de contacts, du temps…

Au vu des enjeux actuels, pensez-vous que ce type d’investissement dans le “social business” peut représenter un tournant dans la mentalité de l’investisseur individuel ?
Je le souhaite sincèrement. Dans mon parcours récent d’entrepreneur de l’Internet, j’ai été confronté avec mes associés à la recherche de fonds nécessaires pour développer notre activité, créer des emplois, offrir des services innovants et globalement générer de la richesse pour la collectivité. C’est un parcours du combattant que connaissent les entrepreneurs du monde entier. Mais, dans les pays pauvres, la nécessité - pour ne pas dire l’urgence - de nourrir les populations, de les soigner, de les éduquer et de préserver l’environnement pose avec encore plus d’acuité, sinon de brutalité, la question de l’accès aux financements pour les entrepreneurs. J’adhère aux thèses de Muhammad Yunus sur le micro-crédit. Les investisseurs individuels doivent maximiser les objectifs sociaux dans leurs placements et non leurs profits. En conclusion, je crois que l’argent n’est qu’un moyen, pas une fin en soi. Pour donner du sens à sa vie, il faut donner du coeur à ses investissements !

C’est comme si l’investisseur se découvrait ou se redécouvrait une âme d’entrepreneur à travers les projets auxquels il souscrit…
Oui, et à la fois, j’aimerais qu’en France l’investissement socialement responsable aille encore plus loin en étant réellement encouragé sur le plan fiscal. Pourquoi ne pas demander à l’Etat d’instaurer l’équivalent d’un amendement Coluche, aujourd’hui réservé au dons aux associations et ONG, avec une déduction fiscale plafonnée pour les particuliers qui investissent durablement dans le social business ? Mais je suis sûr que danone.communities a une opinion sur le sujet…


Nouvel An Bangladeshi : la fête, la musique et l’occasion de faire découvrir nos yaourts


Les Bangladeshis viennent de fêter la nouvelle année (Pawhela BoisAkh) le 14 avril de notre calendrier, ils portent leurs plus beaux vêtements ; les rues, déjà très animées et multicolores en temps normal, sont en pleine effervescence. C’est une explosion de couleurs. Je rappelle au passage que nous sommes en plein été, le soleil est éclatant et même si la température dépasse allègrement 35°C, les conditions sont idéales pour célébrer ce Nouvel An comme une vraie fête populaire et chaleureuse. C’est l’occasion d’une semaine de festivités de l’aube à la tombée de la nuit.

J’ai ainsi pu assister à des concerts de musique classique locale, mais surtout, j’ai découvert l’IndiRock ! Pour être franc, j’espérais quelque chose qui déménage et réveille mon âme d’Européen adepte de solo batterie et de guitare saturée. Raté… Disons que l’Indirock est plus Indi que Rock…

La municipalité de Bogra a également pour tradition d’organiser une foire avec des centaines de stands où se côtoient les tables de restaurants, les marchands d’étoffes, de sucreries, de vêtements, et d’objets artisanaux (on y trouve des vases magnifiques !)

Ph G. Geaigard

Cela m’amène à nos yaourts car nous faisons partie des exposants. Je choisis de rester une bonne partie de la semaine au stand pour observer le comportement des habitants de Bogra vis-à-vis du Shokti Doi. Outre le fait que notre stand de Shokti Doi connaît un véritable succès, je remarque des éléments très encourageants en discutant avec les clients et les badauds :

- un aspect essentiel tout d’abord, le message nutritif se répand peu à peu parmi la population, même si nous devons sans doute encore convaincre beaucoup de monde ;

- autre élément positif, les personnes qui le goûtent pour la première fois le trouvent excellent ;

- enfin, les enfants réclament facilement un yaourt à leurs parents lorsqu’ils passent devant notre stand, preuve que notre produit leur « parle ». Il est important que Shokti Doi soit attractif pour remplir sa mission nutritionnelle.

Cette semaine s’achève sur deux constats pour moi. Le yaourt Shokti Doi s’inscrit peu à peu dans le paysage de Bogra et dans les habitudes de consommation. Par ailleurs, à titre personnel, je me suis encore rapproché de la culture bangladeshi et de son peuple très attachant.


Explications utiles sur les objectifs sociaux de la sicav danone.communities

17 avril 2008

Posté par : albandefay
Catégorie :Débats / Discussions

Un commentateur – Laurent Esposito - s’interroge, à la suite de ce billet sur le blog, du « faible » taux de 10% consacrés au projets sociaux dans le cadre de la sicav danone.communities. Les 90% restants, pense-t-il, se retrouvant dans les circuits obligataires et monétaires classiques.

Je choisis de publier ce premier billet en tant que Directeur Général et gérant de la sicav danone.communities pour le rassurer ; tout au moins pour expliquer en quoi la sicav est entièrement configurée en fonction d’objectifs sociaux. En effet, si 10% du fonds sont effectivement investis dans des projets solidaires (social business) via le FCPR , les 90% de l’actif sont investis dans des produits ISR (Investissement Socialement Responsable). Ce ne sont donc pas des produits obligataires et monétaires classiques !

Concernant le curseur situé à 10%, nous avons eu la volonté de mettre la sicav danone.communities à la portée de tous les investisseurs, ce qui impliquait de concevoir un fonds peu risqué avec une VL (valeur liquidative) accessible, soit 50€.
Or, il se trouve que les projets dans lesquels le FCPR va investir sont des investissements risqués de part leurs innovations (création d’entreprise, business model bottom up…) et leur localisation (taux de change des devises). Cela rend la rentabilité de ces projets incertaine. Par ailleurs, ce sont des investissements peu liquides (ce ne sont pas des actions cotées) avec un objectif de placement d’au moins 5 à 7 ans. Voilà les raisons pour lesquelles ces investissements sont limités à 10%, ceci afin de garantir la liquidité de la sicav et un minimum de risque aux porteurs.

De plus, compte tenu de la nature de ces investissements (type action non cotée) la réglementation de l’AMF (Autorité des Marchés Financiers) nous oblige à les limiter à 10% dans le cadre d’OPCVM ouvert (telle une sicav).

Certes, 10% pourra toujours paraître peu, mais c’est aujourd’hui le seul moyen pour que chacun d’entre nous puisse investir dans une petite usine au Bangladesh ! Sans cette sicav, seuls des entreprises ou de grands investisseurs pourraient participer à cette aventure.

Une dernière précision concernant d’éventuels mécanismes fiscaux associés à ce type de sicav. Ils n’en existent pas à ce jour, mais des initiatives militent dans ce sens. C’est en effet un vecteur important pour le développement de ce type d’investissement.

J’espère avoir répondu à vos interrogations et je serais ravi d’échanger avec celles et ceux qui le souhaitent sur ce sujet passionnant. Nous avons conçu un produit bancaire tout à fait innovant et unique en son genre. C’est notre façon, à nous financiers, de nous associer à cette belle aventure du social business !


Distribution de Shoktidoi dans les écoles de Bogra, sur fond d’inflation galopante…

13 avril 2008

Posté par : Gwenaelgaigeard
Catégorie :Vie à l'usine de Bogra / Life at the Bogra factory

Il semble qu’en France, les médias évoquent largement l’augmentation du prix des matières premières avec des conséquences dramatiques sur les pays pauvres. Je confime… Ici à Bogra, avec l’augmentation du prix du lait, nous sommes clairement dans l’œil du cyclone ; nous opérons dans un contexte d’inflation galopante.

Nous avons dû augmenter le prix du Shoktidoi, longtemps fixé à 5 takas pour passer à 8 takas le 1er avril. Conséquence logique : les ventes ont diminué assez fortement les premiers jours, le temps que les consommateurs s’habituent à l’augmentation de tarif, mais elles sont reparties à la hausse ces derniers jours.

Cela dit, nous sommes restés avec un stock de produits invendus - mais encore consommables - sur les bras au début de ce mois. Nous avons décidé de les offrir sous forme d’échantillons gratuits dans les écoles de Bogra…

Départ ce mercredi 9 avril avec Zaman, le directeur adjoint des ventes, et Jewel, un assistant vente. Il est 10 heures, la température est déjà très élevée.

Nous nous rendons dans une école du centre-ville de Bogra, l ‘école YMCA – je n’ai pas pu m’empêcher d’avoir en tête le refrain du tube des Village People ;-). Avec l’accord du directeur, nous nous postons juste à la sortie de l’établissement, au bord de la route. Bientôt, c’est la cohue monstre… Je ne crois pas exagérer en disant que des centaines de mains d’enfants et de mamans réclament leur Shoktidoï. Comme toujours au Bangladesh, les mouvements de foule prennent une ampleur impressionnante ; la circulation finie par être totalement bloquée, nous nous mettons à l’écart pour laisser passer les rickshaw et les bus. Cela nous permet aussi de reprendre un peu nos esprits face à cette foule pressante pour nous organiser et faire face à l’afflux.

Renouvellement de l’opération le lendemain, le jeudi, dans plusieurs écoles, avec la ferme intention de ne pas reproduire le désordre de la veille… Pour nous, cette distribution gratuite, devrait être aussi l’occasion de présenter aux élèves les bienfaits nutritifs du yaourt : apports en vitamine A, fer, zinc et iode. C’est ainsi que nous demandons et obtenons l’autorisation des directeurs d’écoles de distribuer les Shoktidoi dans les classes afin de pouvoir expliquer calmement qui nous sommes, ce que nous présentons, les apports nutritifs, etc.

Bilan de l’opération : ces deux jours de distribution gratuite dans les écoles, nous montrent qu’« à quelque chose, malheur est bon ». En effet, la baisse des ventes et le stock d’invendus inhérent nous ont amenés, de façon imprévisible, à promouvoir notre produit auprès des enfants et leurs parents ; c’était donc une belle opportunité pour augmenter notre visibilité.

Certes, je sais qu’en France, certains pourraient s’alarmer voire s’offusquer d’une telle démarche à l’intérieur des écoles. Mais il faut bien comprendre l’alternative à laquelle nous étions confrontés : nous avions le choix de distribuer ce stock de yaourts invendus ou bien de le jeter à la poubelle… Dans un pays où la sécurité alimentaire n’existe pas, où des millions de familles et d’enfants ne mangent pas à leur faim, nous pensons, avec Zaman, avec Jewel, qu’il était tout simplement impensable de jeter ces yaourts.


Evénement : la création d’une chaire « Entreprise & Pauvreté – Social business » par HEC Paris

7 avril 2008

Posté par : Laurent Javault
Catégorie :Actualité / News

C’est encore un signe fort, une preuve que les « lignes » bougent, que les esprits s’ouvrent aux enjeux essentiels : HEC Paris, par la voix de son Directeur Général Bernard Ramanantsoa, vient d’annoncer la création d’une chaire « Entreprise & Pauvreté – Social business ».

Elle sera co-présidée par Muhammad Yunus - que l’on ne présente plus - et Martin Hirsch, Haut Commissaire aux Solidarités Actives contre la pauvreté, ancien président d’Emmaüs France.

Voici ce qu’en dit le communiqué de presse : « Cette chaire d’enseignement consistera en un programme de formation complémentaire de 2 mois, proposé en fin de parcours à tout étudiant d’HEC, ainsi qu’à des étudiants d’autres écoles de commerce, étudiants ingénieurs ou d’universités. L’objectif est de former ces étudiants à des approches innovantes d’entreprises, petites et grandes, qui contribuent à réduire la pauvreté dans les pays pauvres et émergents d’une part ; dans les pays développés et en particulier en France d’autre part. »

Profitons de ce billet sur HEC Paris, pour rappeler que plusieurs étudiants issus de cette école (actuellement Gwenaël Geaigard) se sont rendus à l’usine de Bogra pour participer activement au développement commercial du social business de Grameen Danone Foods.


Petite revue de presse traitant du passage de Muhammad Yunus à Paris

2 avril 2008

Posté par : Laurent Javault
Catégorie :Actualité / News

Dans les Echos.fr

Extrait :

Question du journaliste : Quel message adressez-vous à la nouvelle génération de dirigeants ?
Je leur dis : « Il faut croire en soi et il faut croire dans vos capacités de changer le monde. Au plan tant individuel que collectif. » Je leur dis aussi : « Vous êtes le pouvoir ; utilisez-le ! » Les dirigeants n’ont jamais eu autant qu’aujourd’hui le pouvoir de changer les choses et de créer un monde de confiance. La mondialisation et les nouvelles technologies les y aident. S’ils le veulent, en quelques clics sur l’Internet et quelques appels depuis leur téléphone mobile, ils peuvent mobiliser et fédérer autour d’eux une grande masse de gens. La vitesse de décision et de l’impact est avec eux.

Sur le Figaro.fr

Extrait :

Question du journaliste : Faut-il créer un statut spécial pour ces «entreprises sociales» ?
Oui, cela me paraît très important. Il faut une régulation pour empêcher certains de détourner le système et de faire sous le nom de «business social» une activité tout à fait normale qui leur rapporte beaucoup d’argent. Et puis pourquoi une entreprise sociale n’aurait-elle pas des avantages fiscaux comme on en accorde aux associations, aux ONG ? Vous verrez qu’un jour ou l’autre, il y aura un indice des entreprises sociales, une rubrique leur sera consacrée dans le Wall Street Journal et des publications spécialisées existeront. Aujourd’hui, nous avons une quinzaine de «social businesses», mais je parie qu’il y en aura bientôt 500. Des ONG ont déjà des activités proches et pourraient les transformer. Cela intéresse beaucoup les gens. Regardez, HEC vient de créer une chaire sur ce thème. Si les dirigeants du privé s’y mettent, cela se développera très vite et très efficacement.

France Bourse.com

Boursier.com : extrait : « En 2008, le FCPR danone.communities investira dans Grameen Danone pour augmenter le volume de l’usine à Bogra, et construire une seconde unité de production près de Dhaka. D’autres projets sont également à l’étude »

Cette interview dans Metro :
extrait : « dans notre monde libéral, aider les autres va à l’encontre de nos principes économiques. On relègue ces questions aux gouvernements, à la charité. Je pense qu’il y a une autre voie possible. On peut améliorer le sort de son prochain grâce à une entreprise aux objectifs différents. »

Muhammad Yunus à écouter sur France info, dans l’émission de Bernard Thomasson.

Enfin, cette photo des services de l’Elysée lors de sa visite à Nicolas Sarkozy. Jacques Attali accompagnait le prix Nobel.

Ph JM Klein : cliquer dessus pour agrandir

Interview de Franck Riboud dans le Monde

31 mars 2008

Posté par : Laurent Javault
Catégorie :Actualité / News

A lire, cette interview de Franck Riboud par le Monde.fr à l’issue du conseil d’administration du fonds danone.communities ce lundi 31 mars.

Extrait : ” Très souvent, on me dit que (danone.communities) c’est du marketing. Non. Derrière ce fonds, il y a une démarche intellectuelle, il y a le projet social et économique de Danone. C’est ainsi que m’a éduqué mon père. On ne motive pas les salariés seulement sur l’évolution des marges et la croissance du chiffre d’affaires.”

L’intégralité de l’interview ici.

(lien valable quelques jours pour les non abonnés au Monde.fr)

Muhammad Yunus à Paris

31 mars 2008

Posté par : Laurent Javault
Catégorie :Actualité / News

Un jour à Bogra, un autre à Paris, demain sans doute à New-York ou Londres.. Muhammad Yunus défend le social business avec une belle énergie !

Il se trouvait hier soir dans la capitale pour participer à la grande réunion danone.communities organisée par Emmanuel Marchant, Directeur Général du fonds, dans les murs de la Bibliothèque Nationale.

Franck Riboud et Muhammad Yunus répondant aux questions du public. Ph LJ

Franck Riboud se trouvait là également, au côté d’Emmanuel Faber, Directeur Général délégué du groupe Danone, Bernard Giraud, Directeur du Développement Durable, mais aussi de nombreux acteurs qui accompagnent l’aventure danone.communities : Olivier Kayser, Xavier de Bayser, Mercedes Erra

C’était un beau moment que d’entendre Muhammad Yunus évoquer la genèse du micro-crédit, les vertus du social business et enfin, cette rencontre avec Franck Riboud en octobre 2005 qui devait aboutir à la construction de l’usine de Bogra.

Au passage, le prix Nobel de la paix 2006 a rappelé que le problème de la malnutrition est un problème global, mondial, tout en expliquant que le social business offre justement des possibilités d’actions illimitées ; il est une réponse à la mesure des enjeux majeurs que constituent la nutrition, la qualité de l’eau et d’une façon générale, la pauvreté dans le monde.

Son plus grand souhait désormais, a-t-il conclu devant une salle comble, est que l’implication du groupe Danone dans le social business au Bangladesh et bientôt ailleurs dans le monde (nous y reviendrons) soit un exemple pour d’autres entreprises internationales.


Muhammad Yunus à Bogra !

30 mars 2008

Posté par : Gwenaelgaigeard
Catégorie :Actualité / News

Evénément dans notre petite ville de Bogra, le prix Nobel de la paix 2006, également CEO de Grameen Bank, mais surtout pour nous, co-fondateur de Grameen Danone, est venu nous rendre visite cette semaine avec sa fille, Monica.

9H30 : M. Yunus arrive dans son fotua (vêtement local traditionnel). Le temps est superbe comme tous les jours depuis le début du mois de mars. Le planning est très serré. Monsieur Yunus débute par une visite de l’usine, guidé par Guy Gavelle, concepteur et constructeur de l’usine et Wahidun Nabi, directeur de Grameen Danone Foods Ltd. Il se montre très intéressé par les dernières améliorations apportées.

A gauche de M. Yunus et sa fille, G. Gavelle. A droite, W. Nabi.

Nous enchaînons par une présentation Powerpoint de notre activité commerciale. Sohel, le directeur commercial de Grameen Danone Foods, expose la situation : où en sont nos ventes et quelles sont les tendances. Les chiffres sont bons, ce qui réjouit évidemment notre illustre « patron ».

Troisième temps fort : une réunion se tient entre messieurs Yunus, Gavelle et Nabi, directeur de Grameen Danone Foods, sur la stratégie à mettre en œuvre ces prochains mois afin de pérenniser notre activité. M. Yunus s’avère très bien informé du contexte local. Il participe activement à cette discussion animée en défendant ses opinions.

Mais ce qui m’a encore le plus frappé durant cette journée, c’est la gentillesse naturelle et le sens de l’humour de cet homme. Malgré ses succès et ses entretiens réguliers avec les « grands de ce monde », il a su rester simple et accorde autant d’attention à tous ses interlocuteurs, quelle que soit leur position hiérarchique dans l’entreprise.

J’ai pu aussi mesurer ce que signifie l’expression « légende vivante ». Des centaines de badauds se pressaient contre les grilles de l’usine pendant la durée de la visite. J’apprends à cette occasion que les Bangladeshis vénèrent véritablement Muhammad Yunus et éprouvent, à travers son prix Nobel, une grande fierté pour leur pays. Bon nombre de mes collègues m’ont ainsi affirmé que le jour de l’annonce du prix de Muhammad Yunus était le plus beau jour de leur vie.

Ils m’ont demandé de les prendre photo à ses côtés pour ensuite montrer le cliché à leur famille et amis. Voici une photo de groupe :

D’un point de vue personnel, j’ai eu la chance d’échanger quelques mots avec M. Yunus à propos de ma mission à Bogra. Je suis d’autant plus sensible à sa venue que c’est la lecture de son ouvrage « Vers un monde sans pauvreté » il y a trois ans, qui fut un des éléments qui m’ont poussé à me réorienter vers une carrière professionnelle plus en phase avec mes aspirations personnelles. Je lui en suis reconnaissant et je lui dois en partie ma présence ici.