Crise financière et pauvreté: vers un nouveau capitalisme ?
Vendredi 5 décembre, à l’occasion du lancement de la chaire Danone-HEC Social Business / Entreprise et Pauvreté, nous étions plus de 800 à assister à la conférence débat “Crise financière et pauvreté : vers un nouveau capitalisme ?”.
Cet événement était animé par Erik Israelewicz, Directeur de la Rédaction de La Tribune ; y intervenaient :
# Muhammad Yunus, Prix Nobel de la Paix, co-président de la chaire
# Martin Hirsch, Haut Commissaire du Gouvernement aux Solidarités Actives Contre la Pauvreté, co-président de la chaire
# Georges Pauget, Président de la Fédération bancaire
# Emmanuel Faber, Directeur Général Délégué de Danone.
Quelques extraits en vidéo (naviguez dans chacun des chapitres en cliquant directement sur les billes de la barre de progression) :
Je retiendrai également, un peu plus loin dans l’intervention de Franck Riboud, ce passage sur la réinvention et le rôle des futures générations : “Changer nos états d’esprit, notamment ceux des entreprises, est un vaste programme. Et cela ne marchera que si nous embarquons les nouvelles générations de managers, que si nous parvenons à développer sur ces sujets à la fois de la théorie et de la pratique enseignables. C’est pour cette raison que Danone soutient cette chaire. Pas pour donner des leçons mais, au contraire, pour susciter le débat, la réflexion, l’invention.” Vous pouvez retrouver le discours du Président de Danone en téléchargement ici (en français et en anglais).
L’organisation de cet événement s’est fait très vite (une photo prise la volée d’un atelier pliage improvisé ;-). J’espère que nous pourrons poursuivre ces sujets de débats essentiels sur ce blog, et pourquoi pas, lors de prochains événements en 2009. Si le sujet vous intéresse, n’hésitez pas à laisser un commentaire et à vous inscrire sur notre groupe Facebook.
Exemple concret de réaction : Céline, étudiante passionnée par le Social Business, partage avec nous ses premières impressions sur cette soirée.
Vers un nouveau capitalisme ? Voilà la question posée et sur laquelle nous devons nous interroger. Car ce capitalisme dont il est question, nous devons le bâtir, nous devons croire en lui et l’aider à grandir. Notre société creuse les inégalités, nous en sommes tous conscients et le déplorons. Mais dans quelle mesure sommes-nous prêts à avoir un comportement actif, quand, et comment ? Sommes-nous prêts pour le changement ? Et surtout, ce changement n’est il pas beaucoup moins radical que se que l’on pense ? Car, rappelons le, dans Social Business, il y a Business, il y a, non pas la volonté d’oublier toute idée de profil (la fin du capitalisme ?) mais plutôt celle de créer une économie profitable à tous. HEC lance cette année une Chaire Entreprise et Pauvreté qui formera les managers de demain. Une dynamique nouvelle est en marche et nous pouvons tous y adhérer pour que dans 5 ans, dans dix ans, dans vingt ans nous puissions répondre fièrement à cette dernière question : Qu’ai je fais pour le monde ?






12 décembre 2008 à 0:52
C’est plus du capitalisme si on partage les richesses ça a un autre nom…heu comment c’est déjà ?
12 décembre 2008 à 1:34
En parlant de partage, je dois toujours te rendre ton livre
J’aime bien le passage autour de la création de valeur, autour de la 2′30”.
Mon (enfin, “un de mes”) point de vue personnel, c’est que les mots qui se terminent par “-isme” appartiennent à une autre époque (mais il faut être vigilant!).
Le capitalisme est né à un moment où certains (few) ont fait le choix d’entretenir leur rente dans des outils industriels capitalistiques (comprendre : il fallait beaucoup d’argent pour lancer une usine). Aujourd’hui, à l’ère de la révolution de l’information… ne passons nous pas de modèle de rareté à d’autres, d’abondance* ? où la bonne gestion des externalités prime sur la concurrence de tous sur tout ?
Ainsi, le régulateur ne servirait pas d’acteur centralisateur… mais d’arbitre laissant la compétition devenir collaborative.
J’avais gribouillé quelque chose de ce ton là ici :
http://olivier2point0.typepad.com/olivier_20/2007/07/leconomie-de-lb.html
* abondance, dans un monde où la pauvreté n’a jamais été aussi visible. La question du partage est donc essentielle! (dans un contexte de jeux à somme non nulle, by the way).
12 décembre 2008 à 11:57
Une question que je n’ai pas eu l’occasion de poser lors de la soirée : est-ce que les cours de cette section “social business” à HEC seront en libre accès sur Internet ? Ce serait un premier pas vers le partage des richesses intellectuelles, pour l’instant réservées à nos classes privilégiées…
12 décembre 2008 à 13:51
merci pour le film Olivier, très bonne synthèse.
Je rejoins Bastien dans l’idée de partage. Une pensée m’a traversé lors de cette soirée : le social business, vu les questions qu’il soulève et l’éthique qu’il suppose mériterait d’être davantage mis en avant, bien au-delà du cercle d’une élite bien intentionnée. En clair, c’est au Stade de France avec entrée gratuite (!) qu’il faudrait en parler, pour agréger toutes les bonnes volontés et les esprits lucides autour de ce qui ne doit nullement rester un “concept”, des “projets” ou des réalisations éparpillées dans le monde comme autant de confettis.
Notre époque est charnière, les forces en jeu sont phénoménales et la quête de sens est urgente, risquant de provoquer de violentes ruptures si elle n’est pas satisfaite. Bref, nous pouvons basculer du bon ou du mauvais côté… Dans ce contexte incertain, le social business offre un élément de réflexion concret et l’hypothèse d’un nouveau paradigme. A cet égard, il mérite d’émerger dans le “grand” débat public. Tous au Stade de France
12 décembre 2008 à 14:29
@Laurent @Bastien: je suis plutôt (complétement) d’accord.
J’adore l’initiative Open Course Ware du MIT : Unlocking Knowledge,Empowering Minds.
http://ocw.mit.edu/OcwWeb/web/home/home/index.htm
J’adore l’initiative de TED: Ideas worth spreading
http://www.ted.com/index.php/talks
A ce sujet, l’équipe de Latitude Responsable construit un cas, à travers le monde, qui sera ouvert, autour du Social Business (Looking for ways to fight poverty through profit). http://www.latitude-responsable.com/
Je suis OK pour le Stade de France
Je serais encore plus OK pour une petite caravane nomade de Bogra à Dakar, en passant par Phnom Penh et Belem.
Autre point : en plus du contenu, les processus pedagogiques (enseignement, apprentissage, interaction) sont également essentiels.
11 février 2009 à 9:18
[...] Certains d’entre vous étaient peut-être au théâtre Marigny en décembre dernier pour la conférence “Crise financière et pauvreté : vers un nouveau capitalisme”. Vous pouvez retrouver des extraits de cette table ronde (réunissant Muhammad Yunus - Prix Nobel de la Paix, Martin Hirsch - Haut Commissaire du Gouvernement aux Solidarités Actives Contre la Pauvreté, Georges Pauget - Président de la Fédération bancaire, Emmanuel Faber - Directeur Général Délégué de Danone) ici. [...]